Aujourd’hui je vous emmène au festival de Cannes. Le rêve de beaucoup de Vidéastes. Une immersion dans les coulisses d’un des plus grands festivals mondiaux de cinéma.

Cannes : Mode d’emploi.

Pour y accéder, vous devrez au préalable vous trouver un smoking. Dress-code oblige, le nœud papillon est obligatoire, tuxedo noir, il est indispensable pour la montée des marches.

Et là vous vous dites « La montée des marches ? Est-ce qu’il va vraiment gravir le tapis rouge aux côtés de Brad Pitt et Margot Robbie ? ». Si j’ai pu participer à ce festival c’est grâce à une grande agence audiovisuelle (La Maison du Bonheur ) avec qui j’ai pour habitude de travailler et avec qui nous avons fini par lier de bonnes relations. Une semaine à rencontrer des réalisateurs et comédiens, à filmer les coulisses, soirées, et présentations de films, et bien sûr, voir des avant-premières.

Cannes : La guerre aux étoiles

Il était une fois, sur une planète très lointaine, une compétition acharnée pour remporter une palme en or. Signe de puissance et prospérité, elle était une des récompenses les plus convoitées au monde, et tous les plus grands se bousculaient pour apercevoir celui ou celle qui en serai le digne héritier.

Jour 1 :

Arrivé à l’aéroport, notre avion se gare entre les hélicoptères et jets privés. On monte dans un taxi limousine, Merco noir de star, qu’on partage avec François (président de l’AFCAE*, association pour laquelle je travaille avec La Maison du Bonheur) et son épouse Jocelyne (Organisatrice des Vendanges du 7eme art).

Ambiance strass et paillettes sur la croisette. Entre le soleil et les cocotiers, on arrive à l’appart, situé à 500m de la montée des marches. Le décor est posé.

16h : heure du goûter. Rendez vous pour un 1er cocktail mondain, 1er film en compétition art et essai (une compétition parallèle), et 1ère interview de réalisateur. Fin de journée.

Jour 2 :

Le réveil sonne de bonne heure, et pour commencer en douceur, on entame la journée avec 4 longues heures de conférence à filmer. On se retrouve à 12h pour un cocktail sur la plage du Majestic, les pieds dans le sable. A peine le temps de souffler et c’est reparti pour enchaîner 4 films. Une belle et longue après midi cinéma passée à visionner et interviewer les équipes. Bientôt la montée des marches.

Jour 3 :

Journée qui commence par une grasse matinée. Seulement un film à regarder ce matin avec une interview. Suivi du traditionnel cocktail du midi. Aurait-on déjà trouvé notre rituel du festival ?

Pour la digestion c’est direction le roof-top du palais des congrès. Perché derrière la balustrade, on voit un balai incessant de limousines et d’hélicoptères déposer les stars sur la jetée du vieux port. Un ramassis d’escabeaux est planté devant la montée des marches, à la recherche de la meilleure place pour les photographes amateurs. Les caméras TV sont partout, prêtent à interviewer les 1ers passants. Un monde à part au bord de la Méditerranée, où la guerre du plus gros Yacht fait rage.

Pas de cérémonie d’ouverture pour moi, pour cause de tournage et interview. Je regarderai les stars depuis mon écran d’ordi.

Jour 4 :

Réveillé par Mambo Sun des T-REX (va savoir pourquoi), une musique qui me met en joie, chantonnée sous la douche, chocolatine, petit pas déhanché et c’est parti pour le 1er film en compétition. Cette fois ci on y est. Une 1ere montée des marches au petit matin. Pas d’équipe de film pour cette séance (seulement à partir de 19h), pas de smoking obligatoire, seulement le film de Jim Jarmuch « Dead don’t die ».

S’en suit une visite de Cannes sous le soleil du sud pour finir avec une sieste sur le sable blanc face à l’eau turquoise. Dur les journées au festival…

18h : Heure du cocktail, nouvelle invitation, nouvelles images à filmer. Dans les rues c’est un défilé de smoking noir et blanc, nœud pap au cou et filles pimpantes au bras. Une odeur de Gatsby le magnifique flotte dans l’air.

Jour 5 :

Je me retrouve à déambuler dans le marché du film. Des grandes affiches reprises en mode low coast : Avenger (low coast), Pulp Fiction (Low coast), et même Scary Movie (remake low coast d’un remake low coast). D’autres réalisateurs indépendants tentent de vendre leur film. Cannes est clairement un festival dédié aux pros.

Arrive rapidement l’heure du cocktail de midi, avec les traditionnelles images à filmer, puis la petite pause sur la plage à coté des stands internationaux. J’ai juste le temps de rentrer enfiler mon costume de soirée et c’est reparti pour un nouveau cocktail, qui ne durera que quelques minutes puisque cette fois, enfin, je vais fouler le tapis rouge. Dexter Fletcher présente son film biopic Rocket Man, avec la présence de Sir Elton lui-même, qui passe devant moi. Je passe entre Eva Longoria et Baptiste Giabiconi, suivi par Dita Von Teese. Apparemment ils ont rassemblé tous les Top Models au même moment… Une horde de journaliste s’empresse de photographier.Interdiction pour moi de sortir mon téléphone pour filmer la scène. On se sent à la fois tout petit et en même temps envahi d’une gloire immense !

Un monde fait de strass et paillettes.

Une course a la plus belle robe, au plus beau smoking. Tout est bon pour être vu, pour entendre le plus de journalistes crier son nom. Drogué au flash qui crépitent, on en sort aveuglé, ébloui par tant d’artifice. Les lumières se couchent sur la croisette. Sagement installé dans son fauteuil, on peut voir sur l’écran géant du cinéma (qui parait tout petit tellement la salle est immense et les gradins sont raides), les stars arriver une par une, jusqu’à l’équipe du film qui clôture le défilé.

Ambiance touchante à la fin du film, avec un Elton John en larmes sous les applaudissements du public. Il faut quand même savoir qu’il est le producteur de son propre film. Sans doute une envie de graver son nom ante mortem dans l’histoire. Et quelle belle façon, pleine de facétie pour le Rocket Man.

En sortant, je passe devant le cinéma en plein air, les pieds dans le sable, et j’aperçois une Carioca dansé par Alain Chabat et Gérard Darmon devant l’écran. Une surprise en hommage à la Cité de la Peur sorti 25 ans plus tôt.

Jour 6 :

Rendez vous 7h30 devant les marches pour le dernier film de Ken Loach « Sorry we missed you ». Pas de paparazzi, pas de smoking, pas d’équipe de film, mais le red carpet reste toujours aussi impressionnant a franchir.

Le vendeur de journaux crie son Libération entre les spectateurs « Libération, demandez Libération ». On se croirait revenu dans le passé.

Fin du film, cocktail du midi, boulot a l’appartement, cocktail du soir et c’est reparti pour enfiler une nouvelle fois le smoking à nœud pap. On croise Pedro Almodovar et son équipe qui sort de la projection précédente, accompagné de Pénélope Cruz, et Antonio Banderas.

Ce soir c’est la fiction « Too old to die young ».

Pour une fois, l’ambiance est toute autre, une série (présentée sous couverture de film) qui fait flop. L’épisode 4 et 5 nous est projetée en pleine face. Une série sous forme d’essai à la David Lynch, David Lynch en moins… La moitié des spectateurs sortent de la salle dans une atmosphère pesante. Des réactions authentiques qui font le charme du festival.

Jour 7 :

Boulot le matin, bouffe, balade. On croise Fantômas dans sa DS au détour d’une rue, accompagné du gendarme de saint Tropez dans son side-car. Des filles dans des robes sublimes accompagnent les millionnaires. En face, les fans et badauds quémandent des invitations et essaient par tous les moyens d’apercevoir leurs idoles. Sur la croisette, les gens se cherchent du regard, soucieux d’apercevoir leur acteur préféré, s’imaginant, au moindre signe ostentatoire de richesse, qu’ils ont en face d’eux une personnalité renommée.

Petit détour par la plage à côté du stand Québécois, où je tente de m’incruster à leur réception, sollicitant leur gentillesse.

18h : j’enchaîne avec le cocktail de l’AFCAE.

19h : montée des marches pour le film de Claude Lelouch « Les plus belles années d’une vie ».

J’emboîte le pas à Cedric Klapsish et Nagui. Je commence a prendre l’habitude, les flash ne me gênent plus, je suis a deux doigts de poser pour les photographes, d’ailleurs je crois entendre crier mon nom. Je salue Nagui d’une petite tape sur l’épaule, repousse l’interview de Laurent Weil avant que Jean (Dujardin) me fasse signe d’avancer.

Une déferlante de stars dans cette ambiance strass et paillettes. Mon coté féminin à l’impression d’être une princesse, et l’homme que je suis bombe le torse d’une allure lente et certaine. La seule envie que j’ai est de profiter le plus longtemps possible de ce moment privilégié, encore et encore, comme un arrêt sur image pour me graver ce souvenir.

Le film est la suite d’Un homme et une femme sorti 53 ans plus tôt (avec lequel Lelouch remporta un Oscar). Si j’avais su pleurer, j’aurai certainement senti un liquide salé couler sur ma joue. Les murs ont vu des poils se hérisser quand J.L. Trintignant, C Lelouch et toute l’équipe se sont levés à la fin du film.  Quand les spectateurs se sont mis à chanter la bande originale du film sorti un demi-siècle avant. Comme pour rendre un dernier hommage a une carrière qui s’achève.  Les yeux de ce vieux monsieur (Trintignant) se sont mis à briller, briller si fort que toutes les lumières se sont rallumées, indiquant le chemin de la sortie sur un dernier Chabadabada.

22h : petite bière pour se remettre de toutes ces émotions. Accoudé en smoking nœud pap au bar irlandais du coin. Tout semble parfaitement normal.

Minuit : Je retourne sur la moquette rouge primée par les concurrents de Saint Maclou. Un dernier film, celui de Gaspard Noé : Lux Aeterna, ou comment être défoncé simplement en regardant un film. L’idée d’un tournage qui tourne mal sur des airs psychédéliques, et mystiques. On a l’impression que Gaspard nous enfonce un cachet de LSD direct au fond de la trachée, juste en regardant son moyen métrage.

Parfait avant d’aller se coucher.

Jour 8 :

Bye bye la croisette et les petits fours Gratuits. Bonjour le petit peuple.

Lorsque je rentrerai à Bordeaux avec la grosse tête, merci de me remettre à ma place au plus vite.

Cordialement.

 

AFCAE* : Association Française des Cinéma d’Art et Essaie.
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